Le chien dépressif

Celui-ci est encore moins heureux ! Prostré, apathique, indifférent, les yeux mi-clos, le chien dépressif se réfugie dans un sommeil quasi permanent.

Une telle dépression peut cacher un problème de santé, il est alors indispensable de consulter un vétérinaire pour vérifier ce point, ce qui n’exclut pas de lui faire part du comportement dépressif si l’examen ne révèle rien d’anormal sur le plan de sa santé physique.

La dépression en lieu clos

Un type de dépression parfaitement identifié et qualifié par les spécialistes de «dépression en lieu clos» est courant lorsque le chien manque de stimulations sensorielles. C’est le cas, par exemple, de bien des chiens qui restent trop longtemps cloîtrés dans des habitations et qui ne sont sortis que pour les rapides pipis quotidiens sans leur laisser la possibilité d’exercer leurs sens. Un thérapeute peut aider le maître à régler le problème en expliquant pourquoi il est nécessaire de sortir le chien plus souvent et plus longtemps, car cette dépression non traitée peut le conduire à devenir agressif ou hyperactif.

La réaction à un stress

Un choc émotionnel important — changement de maître, de lieu de vie, accident de voiture, mais sans conséquence physique — peut provoquer chez le chien une dépression qui se manifeste par la prostration, l’indifférence, parfois des gémissements évoquant des soupirs, une perte d’appétit. Si cette dépression perdure au-delà de 15 jours, il faut consulter un spécialiste. Une thérapie comportementale associée à des anxiolytiques vient à bout de ce problème.

Le cyclique dépressif hyperactif

Chez l’être humain, on parle de «comportement bipolaire» ou « maniaco-dépressif». D’une manière semblable, le chien — souvent des femelles âgées
de plus de sept ans — peut être victime de ce type de dépression. Celle-ci se manifeste par une période dépressive, avec tous les signes qui l’accompagnent: la prostration, l’apathie, le manque d’appétit, l’indifférence. Suit une période d’hyperactivité impressionnante, difficile à supporter pour l’entourage: attitudes bruyantes, halètements continuels, temps de sommeil réduit, sauts, courses dans la maison, dégradation d’objets. Ces périodes durent chacune entre 15 jours à 2 mois. Ce type de dépression est, hélas, difficile à résoudre sans l’aide de médicaments anxiolytiques. Il faut savoir que ceux-ci doivent être administrés continuellement sous peine de rechute en cas d’arrêt du traitement.

L’involution

Si le chien sombre peu à peu dans l’indifférence, gémit, n’aboie plus, ne communique plus par ses mimiques habituelles, fait ses besoins sous lui, ingère sans discernement ce qui se trouve sur son passage, le problème est grave, car il est sans doute en proie à ce que l’on nomme une «dépression d’involution».

Les causes sont diverses et liées le plus souvent à un rejet précoce de la mère ou à un abandon, à un isolement trop long. Le traitement prend du temps et doit comprendre une rééducation associée à des médicaments antidépresseurs et anxiolytiques.

Le chien peureux

Prêt à se cacher au moindre bruit, il se reconnaît à son comportement toujours craintif, à ses tremblements, à son regard inquiet, à ses gémissements plaintifs, aux battements accélérés de son cœur. Si la réaction de peur d’un chiot qui a tout à apprendre de ce que l’extérieur peut lui fournir en bruits — rencontres diverses, événements inattendus est normale, celle d’un chien adulte qui conserve un comportement craintif est pathologique et résulte probablement d’un manque de socialisation pendant son éducation ou d’une surprotection de la part de son maître. Un spécialiste peut apporter une aide pour le resocialiser et fournir une médication apaisante.

Le bruit

La phobie du bruit est plus courante parmi les chiens qui ont vécu dans un environnement calme, à la campagne par exemple, que chez les chiens de
ville, bien que cette phobie puisse aussi provenir d’une absence de socialisation, comme nous l’avons vu plus haut.

La foule

Si le chien vit en milieu clos, il y a de fortes chances pour que l’extérieur lui paraisse hostile et déclenche son refus de sortir. Un spécialiste peut apporter son aide afin de savoir comment habituer un chien à la foule, pour lui éviter une «dépression en milieu clos » à plus ou moins court terme.

Les autres chiens

Les congénères ne sont pas toujours acceptés et la peur qu’ils suscitent peut induire au chien des comportements agressifs ou, au contraire, le paralyser littéralement d’effroi. Là aussi, une thérapie bien conduite peut l’habituer à approcher d’autres chiens en toute quiétude.

Problèmes comportementaux et responsabilité du maître

Je conclurai en mettant l’accent sur les comportements et la responsabilité du maître, car le comportement de l’animal est le plus souvent à l’image de l’éducation — ou du manque d’éducation — de celui-ci.

Le chien est-il respectueux de l’environnement ? Fait-il ses besoins dans le caniveau ? Aboie-t-il inconsidérément ? Est-il agressif envers les inconnus ou les autres chiens ? Se promène-t-il sur la propriété des autres ? La réponse à ces questions et à beaucoup d’autres brosse le portrait du maître, de son civisme ou de son incivisme, du prix ou du mépris qu’il accorde aux règles sociales, de son degré de respect pour ses concitoyens.  Le chien, tout comme l’enfant, n’est pas à blâmer quand il se comporte en nuisant à autrui, il est tout simplement le fruit d’une éducation mal conduite dont la responsabilité est à chercher auprès du maître, de la même façon que pour l’enfant, elle incombe aux parents.

Souvenez-vous-en, vous qui venez d’adopter un merveilleux compagnon : selon votre éducation, les marques d’affection, de sympathie, ou bien de mise à l’écart, voire de répulsion qu’on lui manifeste sont le reflet de ce que vous-même inspirez à ceux qui vous apprécient pour votre savoir-vivre ou que vous choquez par vos comportements indélicats.